3 questions à Anjes Tjarks

Anjes Tjarks a 39 ans. Depuis juin 2020, il est sénateur en charge des Transports et de la Mobilité de la ville d’Hambourg, invité d’honneur de European Mobility Expo.

Comment la ville d’Hambourg a-t-elle fait face au Covid 19 ? Quelle a été la stratégie mise en place pour lutter contre la propagation de l’épidémie ?

Grâce à une combinaison de mesures telles que la distanciation sociale, les restrictions sur la tenue d’événements, les réglementations sur les déplacements, les obligations de port de masque, etc., Hambourg a surmonté la pandémie de Covid-19 sans surcharger le système de santé. Malheureusement, une grande partie de l’économie a été bloquée dans le processus. Aujourd’hui,  si chacun respecte bien les mesures sanitaires en vigueur, on peut espérer une inversion de tendance et une reprise économique. Pour aider les entreprises hambourgeoises à traverser cette période difficile, un programme d’aide d’urgence (« Hamburg Corona Soforthilfe – HCS ») a été lancé pendant la période de confinement qui reposait sur une compensation financière. Ces mesures ont été suivies d’un programme de relance économique du gouvernement allemand. 

Quel a été l’impact de la crise sur les transports publics ? Comment se sont-ils adaptés ?

Pour stopper la propagation du virus, Hambourg a veillé, dès le début de la crise,  à ce que l’offre de transport public reste largement inchangée, de sorte que, même aux heures de pointe avec environ 70 % de passagers en moins, environ 90 % des services de transport étaient encore assurés. L’offre a même été élargie sur certaines lignes de bus afin de pouvoir maintenir des distances minimales.

La baisse du nombre de passagers s’est bien sûr accompagnée de pertes de revenus importantes.

A l’offre de transport public s’est ajoutée la possibilité pour les usagers d’utiliser les taxis et le service de covoiturage MOIA la nuit entre 00h00 et 6h00, gratuitement avec un abonnement HVV (Hamburger Verkehrsverbund) ou à un prix réduit.

A l’issue du confinement, le nombre de voyageurs a augmenté. L’enjeu prioritaire est que les passagers puissent respecter les règles en matière de distanciation sociale et de port des masques et qu’ils puissent continuer ainsi à utiliser sereinement les transports publics comme mode de déplacement.

Comment imaginez-vous l’après Covid ? Pensez-vous que la crise aura généré des changements de comportements en matière de mobilité ?

Si l’évolution positive de la diminution des taux d’infection se poursuit, on peut supposer que, malgré un certain scepticisme, le nombre de voyageurs des transports publics va, lentement, se rétablir. En outre, on peut supposer que lorsqu’ils prendront les transports en commun, les passagers essaieront de garder, dans la mesure du possible, leurs distances les uns par rapport aux autres. Après une légère tendance à la hausse des infections pendant les vacances d’été, Hambourg a imposé le port d’un masque dans tous les transports publics. En outre, les sociétés de transport ont mis au point des mesures visant à reconquérir la clientèle. Il s’agit par exemple d’augmenter le personnel de nettoyage des bus, des trains et des gares. Il faudra un certain temps avant que la fréquentation ne revienne au niveau d’avant la pandémie.

On peut espérer que les nouvelles habitudes qui ont vu le jour pendant la crise (télétravail, vidéoconférence, utilisation accrue de la marche et du vélo) perdurent et contribuent au développement d’une infrastructure et d’une culture modernes de la mobilité.