3 questions à Louis Nègre

Nous venons de traverser une crise d’une ampleur inédite. Les transports publics ont été en première ligne. Quel premier bilan tirez-vous ? Quelles perspectives pour le secteur à court et moyen terme ? 

Louis Nègre Les autorités organisatrices de la mobilité, en lien avec leurs opérateurs, ont su répondre présents face à cette crise sanitaire sans précédent. Conformément à ce qui leur avait été demandé par le gouvernement, les collectivités ont continué à assurer leur mission de service public auprès de nos concitoyens. La principale difficulté qui est apparue concerne la baisse des ressources, à commencer par celle du versement mobilité et l’effondrement des recettes tarifaires. Cette ressource est vitale pour le bon fonctionnement de nos réseaux de transport et il n’y a pas d’autre issue que d’en compenser intégralement la baisse qui est une conséquence directe de la crise sanitaire. Sans soutien financier de l’État, nos réseaux de transport public seront durablement affectés avec pour conséquences directes, des baisses voire des interruptions de service dont les voyageurs seront les premiers à en pâtir.

 

En tant que fédération professionnelle et association au service des acteurs du transport public, quelles actions spécifiques avez-vous mené pour accompagner vos adhérents dans cette période exceptionnelle ?

Louis Nègre Dès le début de la crise sanitaire, le GART s’est mobilisé afin d’apporter des réponses aux questions que se posaient les autorités organisatrices de la mobilité. Nous avons échangé quotidiennement avec nos adhérents afin de leur transmettre les informations que nous recevions des services de l’État et réciproquement, nous avons été à leur écoute afin qu’ils nous fassent remonter leurs problématiques de terrain. Toujours dans cet objectif d’accompagnement, nous avons édité deux publications à même de guider nos adhérents dans la conduite de leurs actions, aussi bien pendant la phase de confinement que celle du déconfinement. Une première consacrée à la gestion contractuelle et financière de leurs réseaux de transport, et notamment de leurs relations avec les opérateurs de transport en marché public ou en délégation de service public. Une seconde, sous la forme d’une foire aux questions, apportant des réponses concrètes sur les mesures obligatoires à mettre en place dans leurs réseaux.

Le salon European Mobility Expo, initialement prévu du 25 au 27 juin, se déroulera finalement du 15 au 17 décembre. Qu’attendre de cette édition hivernale ?

Louis Nègre Avant tout, il est important de préciser que cette édition 2020 se déroulera dans le strict respect des mesures sanitaires en vigueur. Notre vigilance sera totale pour assurer la sécurité des visiteurs et des exposants. Dans ce contexte particulier, l’European Mobility Expo 2020 constituera une opportunité majeure pour les acteurs du secteur. De nouvelles pratiques sont apparues ou se sont renforcées à l’aune de cette crise du Covid-19. Je pense notamment au vélo qui ne cesse de se développer, notamment dans nos centres urbains. Notre salon abordera ces perspectives nouvelles et ces nombreux défis qui nous attendent. Ce sera également l’occasion de rencontrer les nouveaux administrateurs du GART qui seront élus en novembre, à la suite des élections municipales.